20160831 le gai mensonge


on attend la moindre réussite, ou une rencontre, un tant soit peu. en attendant, on reste seul, inconnu, perdu, un peu désespéré mais tout est relatif. ça n’avance pas même les ronces ne veulent pas de vous. bon. il faut parler d’autre chose. radicalement différent. formes du rêve, de la rue, des nuages (non), visages aperçus. poursuivre un dessein. qui serait présent chaque jour, en permanence, presque chaque minute, y penser tout le temps, ne pas l’abandonner, ne pas le perdre de vue.
tous ces échecs accumulés qui font une vie. il faut donc continuer de s’enfoncer, s’enfoncer encore. sans trop réfléchir, suivre cette « voie » des profondeurs. c’est peut-être une chance, il y a peut-être quelque chose de tout à fait meilleur à atteindre ainsi, peut-être un brusque retournement. le gai mensonge.

de mes mensonges et de deux cigarettes


tout à coup, il n’y a plus d’heure classique. j’ai passé toute la journée à m’éviter. à la table ronde d’une terrasse ; devant les cadres des tableaux à la beauté trop grande, dévorante, ogre à faire de l’ombre ; oublié bienheureux parmi la foule bruyante d’une brasserie. j’ai fini par rentrer entre deux colonnes de nuées. j’avais bien le sentiment d’une colère, d’une sorte de gâchis, d’une tourmente mi-figue qui me liait les mains, ou me cousait les lèvres ; dîné simplement de mes mensonges et de deux cigarettes ; et puis dans un jet de secondes, au moment où il est déjà trop tard et qu’il n’est plus possible de fuir en autre chose car, et bien, tout le monde est parti, la scène est déserte, il n’y a plus rien à regarder que moi-même, à qui je fais face, reflété sur le poli de tout ce métal qui m’entoure, il n’est plus possible de trouver la porte, l’angle de sortie. alors, semble me dire mon regard croisé ça et là, « alors, tu vas la dire, ta chose.. ? »