20170220 light drizzle


je colle des phrases : je parle brièvement à quelqu’un qui travaille dans la « communication de crise ». l’expression me fascine, je la trouve belle et romanesque. est-ce tant opposé. est-ce qu’aller au supermarché faire ses courses est la négation de l’écriture ? causerie qu’a rien à dire. c’est l’anniversaire ou je sais pas quoi de Warhol, Andrew, Andy.
un livre sur quelqu’un qui adore les chiens ? un livre sur quelqu’un qui déteste les chiens, qui promène des chiens, qui vend des chiens, le chien comme monnaie, comme objet de réel, bref non à tout.
mais une histoire, c’est difficile, parce que c’est quelque chose de très grand (comme un vêtement). c’est-à-dire que c’est tout un défilé. et aussi je veux lire lire lire lire. qu’est-ce que je pourrais bien raconter. une vie inintéressante comme la mienne. la vie qui regarde la vie. la vie qui enlève ses habits. la vie qui se demande, la vie qui fume une cigarette, la vie qui gratte. oui à tout.
j’étudie toutes sortes de personnalités. d’une seule passion.

20170114 somnolente


j’ai pourtant bu un café ce soir mais le sommeil me gagne. je lis un peu. je baille. je me traîne, je suis penché vers la droite alors qu’habituellement c’est l’inverse, je crois ; une histoire de dos qui ploie. je voulais écrire ça, et ça, et en fait rien. une odeur de cigarette remonte par l’escalier. Like it is et Phoenix. je baille un peu le froid, le corps se rappelle qu’il existe. pas dans l’espace mais dans la proximité immédiate de moi. il doit y avoir une petite fête, et quelque part, et ma somnolence erratique vaincra.

de mes mensonges et de deux cigarettes


tout à coup, il n’y a plus d’heure classique. j’ai passé toute la journée à m’éviter. à la table ronde d’une terrasse ; devant les cadres des tableaux à la beauté trop grande, dévorante, ogre à faire de l’ombre ; oublié bienheureux parmi la foule bruyante d’une brasserie. j’ai fini par rentrer entre deux colonnes de nuées. j’avais bien le sentiment d’une colère, d’une sorte de gâchis, d’une tourmente mi-figue qui me liait les mains, ou me cousait les lèvres ; dîné simplement de mes mensonges et de deux cigarettes ; et puis dans un jet de secondes, au moment où il est déjà trop tard et qu’il n’est plus possible de fuir en autre chose car, et bien, tout le monde est parti, la scène est déserte, il n’y a plus rien à regarder que moi-même, à qui je fais face, reflété sur le poli de tout ce métal qui m’entoure, il n’est plus possible de trouver la porte, l’angle de sortie. alors, semble me dire mon regard croisé ça et là, « alors, tu vas la dire, ta chose.. ? »

20160327


et pourquoi ce soir tout à coup je pense à venise mais non pas à venise, mais à la marche dans la ville hésitation, aux après-midi dans la pierre, les cigarettes tirées de ces paquets souples et rouge vif, ma veste jaune, les vêtements toujours très serrés sur le corps de ma compagne, son attitude toujours en tout parfaitement démodée, la découverte de jardins discrets aux chats faméliques et heureux au point d’en être ivres ; nous ne cherchions rien, n’avions aucun but que de regarder et nous regarder, alternativement, d’aller à peine plus loin ; sans préoccupations majeures qu’occuper au mieux chaque minute et son gouffre, chaque minute que dès lors nous voyions hésiter à trépasser, à disparaître, s’inscrivant dans une mue