sys2 / ruine

je ne demande rien à personne même pas de lire
mes phrasques
phrases dont l’origine s’est perdue
cette peinture de grands cris
espace de renoncement


 

2017-0126, jeudi

je viens chez toi si tu as du beurre

2017-0110, mardi

« tu t’es promenée trop nue »
mon enfance se résume à avoir écouté de la musique classique en silence dans des salles d’attente

2017-0109, lundi

to do couper la musique de temps en temps.
Aucune aurore boréale ne. Aucune aurore boréale tout court.

2017-0108, dimanche

Paris Boum Boum Mit Dir extended

2017-0106, vendredi

nos vies sont faites de ces films qu’on n’a pas vus
extrême solitude des surfaces
« une sombre histoire de mouette »

2017-0104, mercredi

je monte dans la large cage d’escalier. j’arrive tout en haut. il y a un long couloir. qui donne sur des portes, des espaces inconnus. (phrase dont l’objet s’est perdu)

2016-1223, vendredi

solitudes mais synchronisées
il me restait juste le mot « j’imagine » sur les bras.

2016-1222, jeudi

je sais que c’est facile. je sais que c’est le faire. le faire. comme dans un quartier. relever le col et tourner au coin décidé. respirer le rêve de l’inconnu pour en faire des phrases en déséquilibre.
Posh.

2016-1220, mardi

d’autres choses qui s’échappent à travers les failles du temps, du manque de temps. panique d’écrire le mardi le mercredi, je t’abandonne donc ici jour passé.

2016-1219, lundi

histoire de la parole autour de moi.

2016-1217, samedi

quelle inertie! parfois j’ai l’impression qu’une seule phrase pourrait suffire à sauver la journée, et même cette simple phrase ne vient pas.
c’est quand même pas du tout normal de ne plus marcher dans Paris la nuit.

2016-1215, jeudi

« … the objective of this work is to become the object of a discussion »
« What is the relation between a sign and melancholia? »

2016-1213, mardi

« I am finding it harder and harder to live up to my blue china » O.W.

2016-1211, dimanche

lave, onyx, hématite, corail, fesses.

2016-1207, mercredi

je passe devant un bar et je vois un visage que je reconnais, sans encore savoir le remettre.
puis ça me revient ; d’il y a très longtemps, un médecin, un ophtalmo. en posant des questions j’apprendrai quelques jours plus tard qu’il est mort depuis des années. pourtant c’était bien lui. il y a peut-être des exceptions, des demi-morts.

2016-1206, mardi

fort à ma manière.
j’attends le succès en savourant l’échec.

2016-1203, samedi

ça m’est venu après un rêve (« peut-il s’agir d’un objet innommable, sans nom, sans image, que ce ne soit pas un oubli mais un objet sans objet ? ») : l’idée de l’objet sans objet, l’objet invisible, l’objet sans raison, l’objet innommable me plaît beaucoup, me parle, sans que je ne sache bien pourquoi.
j’ai un peu laissé tomber les mots-clé je sais pas si ça menait quelque part. c’est comme faire les liens, j’ai la flemme mais ce serait bien. mais j’ai la flemme.
la critique : éteindre un feu. film passé à l’envers.
« … et puis j’aime bien la précision un peu dégueulasse »
il faut faire le directement.

2016-1202, vendredi

de l’inexactitude comme moyen d’analyse.
« — rose tu t’en lasses. »
certains font leur poésie comme de petits comptables.

2016-1201, jeudi

« sans additifs ajoutés », je lis sur un emballage.
j’aimerais réécrire À Vau-l’eau avec la gamme des plats préparés picard surgelés.

2016-1130, mercredi

l’envie s’est insinuée d’un coup comme un truc qui se fiche dans la peau. curieux. est-ce une sorte d’intuition cousue de désir ?

2016-1129, mardi

continuer le jour avec l’obsession du jour précédent.
toujours intrigué par les gens dont on parle en leur absence.
parfois ce n’est pas la bonne fatigue (et j’attends pour rien comme une machine qui tourne à vide).

2016-1128, lundi

tout à coup j’ai le blues du pariscope.
toutes ces pages froissées il y a des années.
sensation précise. passion pour les annonces et spectacles qui me restaient les plus étrangers, par fascination pour l’écrit qui s’incarnait partout en surcharge de ces micro-caractères. rêves infinis pour quelques centimes.

progressivement, je découvre ce que je fais. révélation lente, dont j’ignore encore tout. il faut que les yeux s’acclimatent à la lumière, sa rareté. le révélateur.

2016-1127, dimanche

diplômé d’agonie.
un aller, un aller-retour, qu’est-ce que c’est ?: attendre d’être très fatigué pour s’aimer.
soudainement j’ai envie d’oser tout comme un con.

2016-1126, samedi

Un Homme et une femme. à un moment, il y a une scène moins pire.
peut-être que toute la filmographie de Lelouch est un vaste projet conceptuel sur l’embarras, la gêne devant quelque chose de médiocre.
dans un appartement où je vais je suis envahi par la sensation d’encombrement, de densité. il y a trop d’objets et j’ai la sensation de ne pas faire le poids, sur la balance face à toutes ces choses.

2016-1125, vendredi

la honte et l’indifférence en vases communicants

2016-1124, jeudi

je fais vraiment du texte pilé.
cette semaine est une abstraction.
« Which one recalls at a concert or in a café. »
je reste devant l’écran comme un bêta. mes yeux scrollent le vide. jackpot.

2016-1123, mercredi

corps qui s’avale, nez qui chatouille, sommeil, pas de nouvelles (de qui ?), sensation de jour férié.

2016-1119, samedi

la seule issue c’est d’être à l’os, d’y camper, de faire mienne cette désolation mineure. mais comment et quoi. j’articule pas et je marmonne je me lève de table je reviens. avec toujours plus de détails. du chic international merdique, de l’infini blabla.

2016-1118, vendredi

… une fille qui se prénomme Sable

2016-1116, mercredi

à force d’antidater ma vie

2016-1115, mardi

sur la photo des jambes, je devine dans la pâleur le duvet tendre.
phrases dont l’origine s’est perdue.
petite monnaie de l’écriture, négligences.

2016-1104, vendredi

dans la voiture qui me ramène de S-M. Je regarde la ville depuis le périphérique, à la fois hostile et poétique.
Toute la journée j’ai reniflé la pluie, comme un chien. mais je n’aime pas les chiens. qui suis-je alors. je jette mon regard inquiet par les fenêtres des bus, à travers les vitrines, je regarde les objets. je regarde les yeux des gens.

2016-1103, jeudi

ça ne peut pas être tout bleu, ni tout blanc. ça peut être gris. entièrement gris. comme un mur. le mur devant lequel je passais. un mur qui fait mal aux mains, fait de pointes. je pouvais marcher les yeux fermés mais contre un mal de main, un mal de peau. nuit réveillée par un violon. mur de lancée.
les dents pointues comme un vamp’, disait un mec, de passage. il vivait de l’autre côté des immeubles avec son blouson en cuir. dans ma ville maintenant ce que je préfère ce sont les avenues. avec leur fixité de morphine.
voix de Ch. qui chante. le curseur tremble comme une paupière.

2016-1102, mercredi

J’imagine ceci, une musique qui se joue dans un appartement, un disque qui tourne, et personne pour l’écouter. C’est une situation de tristesse tout à fait forte, une solitude qui se retrouve seule, la solitude même de la solitude. Une solitude sans personne pour la vivre.

2016-1031, lundi

les jours, les chiffres, le vent qui balaie, le serveur qui revient et revient car à chaque fois il oublie la commande. dans les trous de la conversation s’invite toute un système universel d’hésitation dont personne ne parle. des écrivains, sans doute. les écrivains ne font jamais de jogging, j’en ai la certitude. Automne parisien c’est une saison de trottoirs, de vêtements qu’on met très peu de temps, très peu de jours dans l’année. les frissons qu’on attend et qui ne reviennent pas.

2016-1030, dimanche

mais qu’est-ce que je voulais dire, déjà.. ?
(on dirait que tout pourrait commencer par cette interrogation). Et oui j’ai oublié.
le dimanche, parfois, je pense à Alix Cléo Roubaud. et à ce crayon de papier qui depuis toujours est laissé entre les pages de son journal dans ma bibliothèque.

… chansons qui parlent d’amour, de séparation, d’avenir, du soir et de la rue.
« anna karenine et peanuts »

un amour sans personne pour y penser

2016-1029, samedi

j’espère me désappartenir, quelques minutes par jour. me donner même pas à quelqu’un, m’extérioriser, sans qu’on ne le remarque, sans y faire attention. cela se passe sur le bord des paupières vues de l’intérieur. alors qu’est-ce qu’on attend que la vie passe. il faut vraiment que ce soit ce gâchis qui gouverne. j’ai perdu l’accès à l’intensité. que quelque chose bouge enfin.
une chambre à soi obscure, pour se contredire.
et cette femme qui disait « je casse parfois un objet pour qu’il se passe quelque chose »

2016-1028, vendredi

cette banalité
la seule originalité que je ne me permettrais pas serait de n’être pas amoureux de vous.

aujourd’hui je n’ai pas du tout eu le temps de ne pas penser.

2016-1027, jeudi

juste l’influx. la puissance des phrases banales. assaut contre une insupportable langue poétique qui trop fleurit. lui montrer mon sexe à la fenêtre.

les statistiques blessent mon cœur
comme une vieille chanson coupante qui tourne et me griffe la joue

soudain une femme passe habillée en beatles.

on me demande « — bon, et toi ? », alors je parle vite de quelqu’un d’autre.

2016-1026, mercredi

texte dense pour se cacher dedans

2016-1025, mardi

vert (gris) il s’agit de mettre en pratique la pratique d’ici. mise en scène idéalement de la danse improvisée sans jamais que le spectacle n’ait lieu,
ici c’est un spectacle toujours repoussé.

j’aime regarder les visages bizarres. les têtes atypiques. elles me fascinent. mais je ne veux pas les déranger, passer pour un inquisiteur. il faut trouver une manière de regarder ces têtes bizarres qu’on admire comme des sculptures.
HOMO FUGIT VELUT UMBRA je retrouve, à nouveau, cette phrase chez Pierre. il y a des phrases qui ont toujours fait partie de vos vies, même avant que vous les ayez connues.
un jour comme un bris de glace.

(Armide)
(journée internationale des pâtes)

moi je marche dans le surplace, réponds-je à celle qui ne me posait jamais de question.
une forme de politesse serait de taire ce qu’est l’écriture. juste seulement la faire. haine du commentaire. la langue poétique m’horrifie (souvent). je me tais en toute liberté.
j’ai vu le type au chien de la nuit

2016-1023, dimanche

connassez-vous peut-être

catastrophe c’est un nom de cirque ?

je laisse ouvert il faut qu’y ait pain de problèmes.

c’est comme ça que je raconte, raconte. ma vie, le reste. je ne sais pas quel filtre ou pas. je raconte comment je fais, ma genèse de page.
c’est une sorte de formulaire sans objet. Règne.

on parlera aussi de naufrages, de sommeils, de Renaissance.

je ne sais pas pourquoi je fais ça. ça changera. il n’y a pas besoin de raison. il y à déranger. une sorte de petit chaos.
pour l’instant je pose des segments de cette ruine de texte.

casanova machine arrière

j’essaie de traduire la pluie intérieure, les mécènes, les haussements d’épaules vulgaires dont je fais usage immodéré (truc d’enfance à se taire)
exp = ne finis pas les mots

paroles de chansons de caniveau, de promesses et tu leur marches dessus
se il cor guerriero, t’invita al l’armi un truc comme ça

mais promis ça va raconter quelque chose et je ne vais pas me défiler

un ruban. un rideau. une épée

Tes “biais”?
biais; « déformation, travers, détour, subterfuge, moyen de faire, de résoudre un problème, issue »…

“tu n’écris plus sur facebook ?”
(de l’utilité, servir à quelque chose)

2016-1006, jeudi

dans mon lit. c’est à la fois agréable et agréable. je rêve de choses éloignées, violentes, ex/r/otico-toxiques. personne ne raconte n’importe quoi c’est une zone secrète et qui se crée. dépourvue de nature, d’enseignement, de morale. seulement de fantasme, de rêve. de vide. absence de désirs immédiats, de velléités inutiles. on peut en effet n’y vouloir rien ; rien d’autre, que d’être là.