ruine / sys2

je ne demande rien à personne même pas de lire / mes phrasques / phrases dont l’origine s’est perdue cette peinture de grands cris espace de renoncement ALL OVER
(*on peut entrer par n’importe quelle ligne. — *bas de page)


2016-1006, jeudi Dans mon lit. c’est à la fois agréable et agréable. je rêve de choses éloignées, violentes, ex/er/otico-toxiques. personne ne raconte n’importe quoi, c’est une zone secrète et qui se crée. dépourvue de nature, d’enseignement, de morale. seulement de fantasme, de rêve. de vide. absence de désirs immédiats, de velléités inutiles. on peut en effet n’y vouloir rien ; rien d’autre, que d’être là.       2016-1023, dimanche connassez-vous peut-être. catastrophe c’est un nom de cirque ? Je laisse ouvert il faut qu’y ait pain de problèmes. c’est comme ça que je raconte, raconte. ma vie, le reste. je ne sais pas quel filtre ou pas. je raconte comment je fais, ma genèse de page. c’est une sorte de formulaire sans objet. Règne. On parlera aussi de naufrages, de sommeils, de Renaissance. je ne sais pas pourquoi je fais ça, c’est pourquoi je le fais. ça changera. il n’y a pas besoin de raison. il y a à déranger. une sorte de petit chaos. pour l’instant je pose des segments de cette ruine de texte. Casanova machine arrière — j’essaie de traduire la pluie intérieure, les mécènes, les haussements d’épaules vulgaires dont je fais usage immodéré (truc d’enfance à se taire). — Exp(i)é : ne finis pas les mots. — Paroles de chansons de caniveau, de promesses et tu leur marches dessus — « Se il cor guerriero, t’invita al l’armi » un truc comme ça — mais promis ça va raconter quelque chose et je ne vais pas me défiler — un ruban. un rideau. une épée. Tes “biais”?biais; « déformation, travers, détour, subterfuge, moyen de faire, de résoudre un problème, issue »…“Tu n’écris plus sur facebook ?” (de l’utilité, servir à quelque chose).       2016-1025, mardi vert (gris) il s’agit de mettre en pratique la pratique d’ici. mise en scène idéalement de la danse improvisée sans jamais que le spectacle n’ait lieu, — ici c’est un spectacle toujours repoussé. J’aime regarder les visages bizarres. les têtes atypiques. elles me fascinent. mais je ne veux pas les déranger, passer pour un inquisiteur. il faut trouver une manière de regarder ces têtes bizarres qu’on admire comme des sculptures. HOMO FUGIT VELUT UMBRA je retrouve, à nouveau, cette phrase chez Pierre. il y a des phrases qui ont toujours fait partie de vos vies, même avant que vous les ayez connues. un jour comme un bris de glace. (Armide) (journée internationale des pâtes) — moi je marche dans le surplace, réponds-je à celle qui ne me posait jamais de question. — Une forme de politesse serait de taire ce qu’est l’écriture. juste seulement la faire. haine du commentaire. la langue poétique m’horrifie (souvent). je me tais en toute liberté. — j’ai vu le type au chien de la nuit.       2016-1026, mercredi Texte dense pour se cacher dedans.       2016-1027, jeudi juste l’influx. la puissance des phrases banales. assaut contre une insupportable langue poétique qui trop fleurit. lui montrer mon sexe à la fenêtre. — les statistiques blessent mon cœur — comme une vieille chanson coupante qui tourne et me griffe la joue. soudain une femme passe habillée en beatles. — on me demande « — bon, et toi ? », alors je parle vite de quelqu’un d’autre.       2016-1028, vendredi cette banalité — la seule originalité que je ne me permettrais pas serait de n’être pas amoureux de vous. Aujourd’hui je n’ai pas du tout eu le temps de ne pas penser.       2016-1029, samedi j’espère me désappartenir, quelques minutes par jour. me donner même pas à quelqu’un, m’extérioriser, sans qu’on ne le remarque, sans y faire attention. cela se passe sur le bord des paupières vues de l’intérieur. alors qu’est-ce qu’on attend que la vie passe. il faut vraiment que ce soit ce gâchis qui gouverne. j’ai perdu l’accès à l’intensité. que quelque chose bouge enfin. — une chambre à soi obscure, pour se contredire. — et cette femme qui disait « je casse parfois un objet pour qu’il se passe quelque chose ».       2016-1030, dimanche mais qu’est-ce que je voulais dire, déjà.. ? (on dirait que tout pourrait commencer par cette interrogation). Et oui j’ai oublié. le dimanche, parfois, je pense à Alix Cléo Roubaud. et à ce crayon de papier qui depuis toujours est laissé entre les pages de son journal dans ma bibliothèque. — … chansons qui parlent d’amour, de séparation, d’avenir, du soir et de la rue.« anna karenine et peanuts ». un amour sans personne pour y penser.       2016-1031, lundi les jours, les chiffres, le vent qui balaie, le serveur qui revient et revient car à chaque fois il oublie la commande. dans les trous de la conversation s’invite toute un système universel d’hésitation dont personne ne parle. des écrivains, sans doute. les écrivains ne font jamais de jogging, j’en ai la certitude. Automne parisien c’est une saison de trottoirs, de vêtements qu’on met très peu de temps, très peu de jours dans l’année. les frissons qu’on attend et qui ne reviennent pas.       2016-1102, mercredi J’imagine ceci, une musique qui se joue dans un appartement, un disque qui tourne, et personne pour l’écouter. c’est une situation de tristesse tout à fait forte, une solitude qui se retrouve seule, la solitude même de la solitude. Une solitude sans personne pour la vivre.       2016-1103, jeudi ça ne peut pas être tout bleu, ni tout blanc. ça peut être gris. entièrement gris. comme un mur. le mur devant lequel je passais. un mur qui fait mal aux mains, fait de pointes. je pouvais marcher les yeux fermés mais contre un mal de main, un mal de peau. Nuit réveillée par un violon. mur de lancée. les dents pointues comme un vamp’, disait un mec, de passage. il vivait de l’autre côté des immeubles avec son blouson en cuir. Dans ma ville maintenant ce que je préfère ce sont les avenues. avec leur fixité de morphine. voix de Ch. qui chante. le curseur tremble comme une paupière.       2016-1104, vendredi dans la voiture qui me ramène de S-M. Je regarde la ville depuis le périphérique, à la fois hostile et poétique. Toute la journée j’ai reniflé la pluie, comme un chien. mais je n’aime pas les chiens. qui suis-je alors. je jette mon regard inquiet par les fenêtres des bus, à travers les vitrines, je regarde les objets. je regarde les yeux des gens.       2016-1115, mardi sur la photo des jambes, je devine dans la pâleur le duvet tendre. Phrases dont l’origine s’est perdue. petite monnaie de l’écriture, négligences.       2016-1116, mercredi À force d’antidater ma vie       2016-1118, vendredi … une fille qui se prénomme Sable       2016-1119, samedi la seule issue c’est d’être à l’os, d’y camper, de faire mienne cette désolation mineure. mais comment et quoi. j’articule pas et je marmonne je me lève de table je reviens. avec toujours plus de détails. du chic international merdique, de l’infini blabla.       2016-1123, mercredi corps qui s’avale, nez qui chatouille, sommeil, pas de nouvelles (de qui ?), sensation de jour férié.       2016-1124, jeudi je fais vraiment du texte pilé. cette semaine est une abstraction. « Which one recalls at a concert or in a café. » je reste devant l’écran comme un bêta. mes yeux scrollent le vide. jackpot.       2016-1125, vendredi la honte et l’indifférence en vases communicants       2016-1126, samedi Un Homme et une femme. à un moment, il y a une scène moins pire. peut-être que toute la filmographie de Lelouch est un vaste projet conceptuel sur l’embarras, la gêne devant quelque chose de médiocre. Dans un appartement où je vais je suis envahi par la sensation d’encombrement, de densité. il y a trop d’objets et j’ai la sensation de ne pas faire le poids, sur la balance face à toutes ces choses.       2016-1127, dimanche diplômé d’agonie. un aller, un aller-retour, qu’est-ce que c’est ? : attendre d’être très fatigué pour s’aimer. soudainement j’ai envie d’oser tout comme un con.       2016-1128, lundi tout à coup j’ai le blues du pariscope. toutes ces pages froissées il y a des années. sensation précise. passion pour les annonces et spectacles qui me restaient les plus étrangers, par fascination pour l’écrit qui s’incarnait partout en surcharge de ces micro-caractères. rêves infinis pour quelques centimes. Progressivement, je découvre ce que je fais. glissant, ici. révélation lente, dont j’ignore encore tout. il faut que les yeux s’acclimatent à la lumière, sa rareté. le révélateur.       2016-1129, mardi continuer le jour avec l’obsession du jour précédent. toujours intrigué par les gens dont on parle en leur absence. Parfois ce n’est pas la bonne fatigue (et j’attends pour rien comme une machine qui tourne à vide).       2016-1130, mercredi l’envie s’est insinuée d’un coup comme un truc qui se fiche dans la peau. curieux. est-ce une sorte d’intuition cousue de désir ?       2016-1201, jeudi« sans additifs ajoutés », je lis sur un emballage. j’aimerais réécrire À Vau-l’eau avec la gamme des plats préparés picard surgelés.       2016-1202, vendredi de l’inexactitude comme moyen d’analyse. « — rose tu t’en lasses. » Certains font leur poésie comme de petits comptables.       2016-1203, samedi ça m’est venu après un rêve (« peut-il s’agir d’un objet innommable, sans nom, sans image, que ce ne soit pas un oubli mais un objet sans objet ? ») : l’idée de l’objet sans objet, l’objet invisible, l’objet sans raison, l’objet innommable me plaît beaucoup, me parle, sans que je ne sache bien pourquoi. J’ai un peu laissé tomber les mots-clé je sais pas si ça menait quelque part. c’est comme faire les liens, j’ai la flemme mais ce serait bien. mais j’ai la flemme. la critique : éteindre un feu. film passé à l’envers. « … Et puis j’aime bien la précision un peu dégueulasse » il faut faire le directement.       2016-1206, mardi fort à ma manière. j’attends le succès en savourant l’échec.       2016-1207, mercredi je passe devant un bar et je vois un visage que je reconnais, sans encore savoir le remettre. puis ça me revient ; d’il y a très longtemps, un médecin, un ophtalmo. en posant des questions j’apprendrai quelques jours plus tard qu’il est mort depuis des années. pourtant c’était bien lui. il y a peut-être des exceptions, des demi-morts.       2016-1211, dimanche lave, onyx, hématite, corail, fesses.       2016-1213, mardi « I am finding it harder and harder to live up to my blue china » O.W.       2016-1215, jeudi « … the objective of this work is to become the object of a discussion » « What is the relation between a sign and melancholia? »       2016-1217, samedi quelle inertie ! parfois j’ai l’impression qu’une seule phrase pourrait suffire à sauver la journée, et même cette simple phrase ne vient pas. c’est quand même pas du tout normal de ne plus marcher dans Paris la nuit.       2016-1219, lundi Histoire de la parole autour de moi.       2016-1220, mardi d’autres choses qui s’échappent à travers les failles du temps, du manque de temps. panique d’écrire le mardi le mercredi, je t’abandonne donc ici jour passé.       2016-1222, jeudi je sais que c’est facile. je sais que c’est le faire. le faire. comme dans un quartier. relever le col et tourner au coin décidé. respirer le rêve de l’inconnu pour en faire des phrases en déséquilibre. POSH.       2016-1223, vendredi solitudes mais synchronisées. il me restait juste le mot « j’imagine » sur les bras.       2017-0104, mercredi je monte dans la large cage d’escalier. j’arrive tout en haut. il y a un long couloir. qui donne sur des portes, des espaces inconnus (phrase dont l’objet s’est perdu).       2017-0106, vendredi nos vies sont faites de ces films qu’on n’a pas vus. extrême solitude des surfaces. « une sombre histoire de mouette ».       2017-0108, dimanche Paris Boum Boum Mit Dir extended.       2017-0109, lundi to do couper la musique de temps en temps. Aucune aurore boréale ne. Aucune aurore boréale tout court.       2017-0110, mardi « tu t’es promenée trop nue ». Mon enfance se résume à avoir écouté de la musique classique en silence dans des salles d’attente.       2017-0126, jeudi je viens chez toi si tu as du beurre.       2017-0128, samedi ton ombre incomplète       2017-0131, mardi plus que jamais être sous-exposé, rare, silencieux, sibyllin. oui car il faut que chaque présent, même pauvre ou misérable, soit accueilli comme il se doit, comme un roi.       2017-0202, jeudi pleine nuit. je ne veux pas me coucher. j’écoute un saxo langoureux et je me crois dans les années 50. je lève les yeux sur une affiche. deux personnes, front contre front, les yeux fermés. ils donnent l’impression de se parler par la pensée directement.       2017-0206, lundi L’expression « carton pâte » me rentre dans l’oreille.       2017-0207, mardi « — Restez calmes. N’oubliez pas. Le calme, c’est la force. » et « — Mettez le maximum dans votre tête. Personne ne pourra vous le prendre. »       2017-0209, jeudi je dois dire que j’ai envie d’écrire je dois écrire que j’ai envie de dire je dois dire que j’ai envie envie de quoi envie de toi envie de te dire envie de t’écrire — « Péristyle de Montpensier », dit la voix robotique du bus, m’interrompant dans mes divagations.       2017-0210, vendredi les envies non-envies se mélangent comme dans un mix de dix mille fruits secs. « — Vous ne voulez pas être un héros. »       2017-0211, samedi Un poème en basse définition. — Une boîte doublée de feutrine rouge et emplie de clés n’ouvrant plus rien. Rouge vif clés de métal soir.       2017-0213, lundi on aime avoir ici de petites muses exsangues qui profèrent quelques paroles bleues sombres. — « Les tableaux font ce qu’ils veulent. » Gerhard Richter.       2017-0215, mercredi J’écoute en random des romances de Beethoven si ça se trouve c’est toujours la même. La page des synonymes était restée ouverte à bouleversement.       2017-0220, lundi quoi de plus pathétique qu’un nazillon des faubourgs qui efface ses tweets pour pouvoir vendre plus de livres (affaire publique d’aujourd’hui). — Faire coïncider la vie avec la vie. Me dégoûte un peu cette idée qu’un truc marrant me « sauverait ». qu’il faut distraire, plaire, faire rire ou sourire ; contenter. qu’est-ce que c’est dégueulasse.       2017-0221, mardi Femme-peintre dans un musée. — Bazille, à peu près nul. « Jeune fille nue effleurant le bec d’un flamand (sic) rose » (cartel art). Souvenir de Dita Von Teese dans la rue, une nuit qui sort d’une berline. Les choses comme ça, se mélangent. Ce mélange.       2017-0222, mercredi L’écriture. On ne voit pas la route, et les traces s’effacent. La baisse de la vigilance. Le mystère de la parole ? je ne trouve pas. Laques : une religion passagère.       2017-0224, vendredi Je suis un contemplactif.       2017-0225, samedi la rage, la frustration, l’heure tardive. une incompréhension toujours logée quelque part. — Un escalier en « matière qui fatigue ».       2017-0228, mardi c’est mardi gras. j’aimerais bien aller au carnaval.       2017-0302, jeudi « Elle ». Le film est drôle, mais il y a quand même beaucoup de moments ratés, il suffit d’avoir l’œil. Je sais pourtant que les gens ne voient pas ça. Ils ne voient pas parce qu’ils n’écoutent pas. Il s’agit de la répétition d’une seule scène, mais le cinéaste ne le sait pas. — Ils n’y voient rien, et c’est ce qui leur plaît.       2017-0304, samedi Arrière-fond beaucoup plus sombre, couche de brume, part de passé, de regrets, de désastres, de « Week-End à Rome ». — A Nightingale Sang in Berkeley Square.       2017-0305, dimanche parfois c’est juste inscrire la date. ce geste, geste d’existence. minimale. je suis un silence qui se tait, qui écoute. j’attends que la pluie cesse.       2017-0313, lundi i suck at english but i love your style.       2017-0315, mercredi Qui étais-je à cette époque-là ? Je me souviens que je me réveillais avec un lieder de Schubert. J’allais à l’usine, à vélo, à 5h du matin. Nettoyer les machines. L’usine était vide. Seuls quelques ouvriers, dévolus comme nous au nettoyage, hantaient les lieux. Je me souviens de ce type, un vieux, qui nous disait quoi faire. Nous devions pénétrer dans des machines pleines de graisse. Réparer des chaînes de montage. Je rentrais noir de suie vers 13 heures. — « Je crois très fort à l’arrogance. Je hais l’idée de soumission, d’humilité. » (Y.A. 1981).       2017-0316, jeudi Vie de centre commercial. Les filles vaporeuses. — Une angoisse mate, presque discrète à son habitude, m’interpelle depuis le ventre de la nuit des temps. Je me demande où sont les ressources aux polarités inverses. Je les invoque mais elles ne viennent pas. C’était l’après-midi et j’étais sûr, marchant dans la rue le ventre vide. vie de centre commercial, filles vaporeuses. Écrire : faire que la paroi entre l’intérieur et l’extérieur soit très fine, presque transparente.       2017-0317, vendredi j’ai envie de me promener dans des couloirs d’hôtel et je suis de ceux qui ne sourient pas.       2017-0318, samedi (…) c’est-à-dire quand la nuit tremble, j’ai l’impression de retrouver mes vingt-ans. nous étions dehors, nous tournions — heureux c’est-à-dire ignorant cette question — autour d’une fontaine. (…) peut-être que nous aussi nous sifflions aux jours naissants. c’est presque dérangeant de réalité. — elle tenait dans sa main l’holocrâne.       2017-0320, lundi … c’est beau parce que c’est sombre, qu’on n’y voit rien, et aussi parce que c’est vieux tout en étant lié à la jeunesse, notre jeunesse.       2017-0321, mardi LE MONDE MANQUE DE MA PAROLEthat autonomous sensorial meridian responces. » Hadewijch : comment, sans même nous en rendre compte, nous sommes nous rapprochés de ce visage ?       2017-0322, mercredi« j’ai envie de regarder des jambes dans des bas » (je dis à       2017-0323, jeudi Doubrovski est mort. Des gens ne répondent toujours pas. On en reparle plus tard ou pas. voir un film. lequel. pas le temps. ce soir. travail. PORCELAINE.       2017-0324, vendredi je crois que mis bout à bout tout ce que j’écris montrera peut-être tout ce que je ne veux pas dire.       2017-0326, dimanche Il y a la répétition, et il y a la mélodie. cela en fait tout le prix. transe double. chaque langue devient l’autre. « Est-ce que tu chantes, parfois, seul chez toi ? est-ce que tu danses derrière les rideaux, est-ce que tu souris même si personne n’est jamais là ? »       2017-0327, lundi Lente coulée des heures au rythme de la circulation automobile et sanguine. Que faire ? Comment ne pas me faire prendre mais me faire emporter ? Je voudrais suivre cette femme, dans ses chambres d’hôtels en Italie. Prélever quelques minutes d’écriture au long du jour. C’est possible n’est-ce pas. Probablement.       2017-0329, mercredi Voyagent / Ce qui traîne sur les lits.       2017-0330, jeudi dans le rêve j’ai vu les visages déformés par la tristesse. une tristesse de séparation. entre deux personnes. l’une d’elles est moi. l’autre est quelqu’un qui n’est pas proche.       2017-0409, dimanche aujourd’hui le temps passe extrêmement lentement. je fais quelque chose, enfin, rien, et je vais regarder l’heure longtemps après et je constate qu’à peine une heure est passée. l’après-midi prend une densité particulière. comme si elle se chargeait de tout un passé qui la ralentissait. chaque seconde m’enveloppe, me ruisselle dessus, me masse le crâne et les côtes.       2017-0415, samedi j’écris ce qui me passe par le texte.       2017-0419, mercredi Le luxe du rien. — Ces larges appels du passé qui se manifestent, ces visions qui s’ouvrent pour la première fois en trente ans, que veulent-ils.       2017-0421, vendredi Ilium + Fifty Days at Iliam + Venus Apollo | …car j’ai besoin d’une pratique de la honte.       2017-0422, samedi « La nostalgie, je crois que je la porte tout à fait en moi. Je suis un homme du passé, je suis un passéiste comme on dit » MeLViLLe       2017-0423, dimanche En papier de soir       2017-0427, jeudi rêves récurrents d’appartements       2017-0428, vendredi la musique me tient éveillé endormi       2017-0429, samedi « ô nacht night nuit noche notte » — Beaucoup plus tard — Quelqu’un raconte avoir raté sept fois de suite le train pour Londres et le visage émerveillé de l’employée de la petite gare.       2017-0430, dimanche Quand on aime la fiction, on aime le candidat Em. Ma., il me semble. C’est largement le plus intéressant à suivre, à observer. Les autres sont des poules dont on a coupé la tête et qui courent en tous sens, sauf qu’on ne leur a pas coupé la tête. « — Comment tais ? ne pas comment tais comment taire sans comment t’es. je me terre, je me tais. »       2017-0501, lundi Le Pen va peut-être devenir présidente. – Après-midi Facebook.       2017-0502, mardi il suffit parfois de six ou sept mots pour me plonger dans la rêverie (active, tonique), nous accompagner une journée ou une vie, décrire tout un pan de notre personne résumer toutes nos après-midi. — Je somnole et me réveille et je crois voir au loin par la fenêtre sur un toit la silhouette petite d’un ours qui ne bouge que la tête, assis près d’une antenne de télévision. « Try not to blink, » disait Marina Abramovic. | Oui mais je ne sais faire que ça même si je ne le fais pas. Et si je ne le fais pas je me sens misérable.       2017-0503, mercredi Je n’ai pas pensé aux muscles des danseurs, j’écris cela pour penser aux muscles des danseurs. — J’ai écrit le mot amour, ce qui est interdit, ou du moins très peu recommandé. Entendons que c’est une exception. Anxiété comme si j’allais passer à la télé. Je regarde la télé et c’est passé.       2017-0504, jeudi (comment) un enfant de onze ans, qui n’a donc encore rien vécu ou presque, peut-il être déjà nostalgique       2017-0505, vendredi heureusement les chats ne prennent pas de photos, ils préfèrent fermer les yeux.       2017-0517, mercredi un Ministère de la France grincheuse aurait tout son sens.       2017-0525, jeudi Un imperméable de vinyle blanc.       2017-0526, vendredi L’emprise du cinéma       2017-0527, samedi incisif plutôt que décisif       2017-0530, mardi « Cet artiste parvient à faire sentir le silence »       2017-0531, mercredi papillons-rêves extravagants d’un éventail plus large       2017-0602, vendredi Mon visage blafard révèle toute son impudeur de porcelaine | PORCELAINE       2017-0603, samedi j’aimerais revenir au temps du Génitron, devant Beaubourg. Il restait plein de temps, il restait plein de secondes. (la ville était… — Coudre un texte       2017-0604, dimanche une collection de verbe (d’action ou d’état ?) pour se maintenir à flot.