Anna Silver _ 20 _

Détours

suivre Anna

Les claquements de chaussures, ce sur quoi tu marches, tous ces endroits vides
résonnent longtemps

Les trajectoires directes n’empêchent pas les détours

Relevé des échos du voyage en moi
traînées empreintes jonctions

la beauté triste de tout ce qui ne se dit pas se retient restant à la marge

Mais le voyage est intérieur.
Quelque chose d’aphasique et de rudimentaire,
Longues plages silencieuses, phrases à doubles sens ; ou déplacées comme des personnes

Et tout ce qui se cache zones noires

(la voix d’une seule se cachant dans toutes les autres)

Je vois la nuit comme dans j’entends les bruits comme dans

messages qu’on se laisse, numéros qu’on appelle : d’où viennent-ils
où aboutissent-ils maintenant

lambeaux de solitude / silhouette rongée à la fenêtre
musiques de chambres d’hôtels, d’autoradio, des postes ouverts au hasard ;

quelque chose d’une route déserte ; quoi qu’il arrive toujours sa part de vide ;
un sablier, un objet qui porte sa mesure (secrète) du temps, une façon spéciale de se mettre au monde, de s’y accoler, comme on se cache derrière une porte (écoutant les autres parler ?) ;

les sons passent plus nettement que l’image (pourtant la lumière va plus vite)

L’attente qui n’attend plus qu’elle même
absence de pleurs qui trahit bien quelque chose

Arc qu’on tend, qui se tend puis se détend
comme ce massage si long, message par les mains

rentrée plus tard que prévu, toujours plus tard

cette idée de laisser les portes ouvertes.

>>Revenante