rengaine


rapprendre à écrire. ça doit être par là. ce que j’aime : faire trente-six choses à la fois. elles se contaminent, se parlent, mes pores s’ouvrent. je fais des gestes rapides qui distraient un peu l’inertie.
l’obsession du jour après jour. le pire en attendant. j’efface la phrase qui était à précisément cet endroit. où il y a maintenant celle-ci, qui ne sert à rien. rétrécissement du sens – salvateur. écrire étant parfois joindre parfois disjoindre. j’ai peur de bouger le bras. d’avoir mal. j’écris comme me cognant dans le noir. il faut faire attention à la porte du placard. les sucreries sont là haut quel cauchemar. j’ai rêvé d’un château. j’ai rêvé que je m’installais à Vienne (un autre jour). je n’ai plus envie de rentrer chez moi. mais j’y suis déjà. il me faudrait un sac avec tout dedans. organiser. j’aime bien organiser certaines choses. si la vie n’était qu’un déguisement on ne me reconnaîtrait jamais. j’avance d’un pas mais j’ai mis le pied sur la bordure. on me regarde donc bizarrement c’est à dire en m’ignorant. il ne me reste plus qu’à hanter le château. 

je déteste quand ces phrases. de honte me ressemblant. ça rée une confusion. entre la tête et les mots. on m’a parlé d’un enfant qui dit « Je te préviens, je ne lirai pas ». parfois, tu te sens pas un peu comme en poudre ? régulièrement une voix dans ma tête : « ça doit être par-là. » j’ai envie d’écrire tout en majuscules l’envie me prend. pour signaler la vie et qu’on m’aime à la griffe. et je me demande ce que deviennent tel et tel pseudos pourtant abandonnés. « espérons qu’ils aillent bien ». j’aime ces petites phrases banales de rien qui entrent dans ma bouche en contrebande. en écrivant j’entends dans une autre pièce une chaise bouger, c’est-à-dire une langue inconnue. comme, disons, Scarlett et ses horribles grimaces. je ne veux pas d’esprit ni l’air intelligent. car je reprouve. écrire au carré de x. écrire est le sexe incarné. s’excuser (de quoi) auprès de ses lecteurs (ses quoi ?). vous lisez debout ou assis couché ? cela fait une différence dans le sang. je ne fais que remplacer le prière. la face cachée des larmes.

j’écris ces mots pour là l’enfant qui veut pas lire. et puisqu’il ne veut pas lire, tout cela n’a aucune importance.

sur la table une partie de solitaire jamais finie. le souvenir des catalogues la redoute. excité par les mots comme parure de lit. écrire c’est la tentation de jeter. écrire, aux orties. il faut que je le note. la note, la note. je sens cette rage, ce mécontentement s’exprimer pleinement, comme une médiocrité qui trouverait sa pleine expression. ça me mord, ça me va. ça valait le coup de traverser la nuit.