20170113 longue-distance


je ne sais plus où ni comment a commencé cette journée je ne veux d’ailleurs pas le savoir, peur de ce que j’y découvrirai, ou même d’être déçu. simplement me reste dans les paumes une espèce de rage ou de hargne, de ne pas savoir où je vais, qui je suis, quoi faire et qu/i aimer. seule certitude cette espèce de blanc gris qui m’entoure, qui me sépare de tout. je voudrais la formule pour en cinq minutes faire, ou d’un claquement de doigts, cesser les attentes et les disparitions.
j’entends, à travers les murs, la tonalité d’un téléphone, la tonalité d’attente. quelqu’un, quelque part mais non loin d’ici, derrière un de ces murs, quelqu’un attend qu’un autre lui réponde, renouvelant ses appels, de manière incessante. il n’y a que cette tonalité et moi. je l’entends en ce moment, percer faiblement l’épaisseur du mur. personne ne répond. j’aimerais pouvoir décrocher. le correspondant serait d’abord surpris, se tairait pendant quelques secondes, en ne reconnaissant personne à ma voix. puis, nous pourrions parler, entamer une conversation, qui durerait jusqu’au matin et qui briserait nos deux solitudes. mais celles-ci se mettent en cercle et nous entourent, dont la mienne qui tisse une sorte de réseau de basse-amertume. je connais aussi ces appels qui restent en souffrance, les longues distances.