calque


alors, attendre la dernière minute. l’être nu. quand il n’y a plus rien à faire et que dormir non. trop inquiétant. et il y a encore un espoir. quelques bribes. l’espoir que quelque chose arrive, même minimal. sauvé de peu. une sorte d’apaisement, de douceur sortie on ne sait d’où, de la nuit la plus profonde, quand je ne l’attendais plus, revêtue d’un drap d’ombre. tu remontes le grand entonnoir. le déploiement des époques, simultanément présentes à mon esprit à ce moment-là.
le grand calque comme je l’appelle. alors, ce n’est plus seulement le petit appartement, la petite vie. je peux sortir de tout, ce ne sont plus seulement des voitures qui passent, c’est un monde dessous mes doigts. deux voix chuchotées peuvent suffire à faire un grand récit. quant à savoir les écouter, là est la question. quand les regards ont fui, l’abstraction se métamorphose en situation, en récit. c’est ça un roman. la simple hypothèse, la possibilité d’une situation, d’une histoire, avec ou sans fin. sans tirer la couverture à elle, sans s’imposer. je suis du côté des touristes métaphysiques, les immobiles qui vont très loin. grandes facultés liquides. je pense à cette femme croisée, elle avait sur ses ongles peints en rouge la figure du carreau et ses talons faisaient battre la rue et toutes les veines.