20160810 louze du temps qui passe


Ne s’éteint que ce qui brilla
Lorsque tu descendais de l’hôtel Istria
Tout était différent Rue Campagne Première
En mil neuf cent vingt neuf, vers l’heure de midi


je déteste ce jour. pourquoi ? nous l’allons savoir tout à l’heure. non nous ne saurons pas. j’évite au maximum. il y a malheureusement les messages colis piégés auxquels je réponds car je ne peux pas rester sans répondre aux messages. la seule chose que j’ai trouvé à faire, ce fut de sortir et de marcher, de marcher le plus lentement possible. c’est la seule manifestation que je pouvais opérer contre cette angoissante question du temps qui passe. marcher le plus lentement possible dans la ville du mois d’août. c’est quelque chose de tout à fait souhaitable, c’était presque apaisant. personnes dans les petites rues désertes où m’ont porté mes pas. s’il passait quelqu’un, j’avais très vite fait d’être doublé et au premier coin de la rue la personne avait disparu.
à un moment, sans réfléchir, je suis entré dans un magasin de montres, je m’étais trouvé devant cette vitrine, car je regarde souvent les vitrines, quelles qu’elles soient. quelque chose m’intéresse. comment c’est présenté le prix des choses leur incroyable diversité et leur indifférence.
j’avais cru d’abord que la boutique était fermée, comme presque toutes les autres.
mais apparemment, il y a du temps à vendre même au mois d’août.
je n’ai même pas réalisé que ce jour où le temps m’apparaît comme une malédiction qui s’acharne tout spécialement contre moi, je suis entré pour essayer une montre dans un magasin. il n’était pas dix heures dix, il était vers les dix-sept heures, le ventre un peu vide, inspecteur, non je n’ai rien remarqué.
et puis, il y a tous ces gens qui pensent à vous, et qui ne vous téléphonent pas.
et maintenant c’est le soir et j’ai froid. cet été n’est qu’une mascarade, car le soir le froid nous dévaste les épaules. les corps ont froid dans Paris cet été 2016.