20160702 cerf, vidé


deux heures du matin après une journée entière à se taire, à ne faire que tourner la boule à facettes de l’ennui. j’étais absent trop longtemps hanté. encore aucun visage ne m’aura un peu désaccordé. je pousse le volume de la musique au maximum comme un besoin de respirer, respirer plus fort. le silence, ça se déchire. mais je n’ai pas la place pour de grandes enjambées. le plateau de jeu est trop étroit. quelques phrases d’adresse viennent à ma mémoire, enfin, à ma bouche plutôt, bouche sans mémoire ; de ne les avoir jamais prononcées. j’ai quelques visions nocturnes, tirées sur moi comme des flèches par je-ne-sais-qui-quelque-part, une rue de nuit dans Londres, une piste faite de planches le long d’une plage, des cerfs impassibles dans un bois, des souvenirs ivres, mais tout est trop fugace, pas suffisamment électrifié s’évanouissant.
j’aimerais moi aussi raconter les visions monstrueuses qui m’animent, les tourments, les cauchemars. mais je ne retiens que la blessure du banal. je regarde le sac par terre, sac vide, je regarde l’étagère toujours immobile et silencieuse. it. doesn’t. matter. ça recommence, quoi, je ne sais pas. l’heureusement dans la gorge, l’ange silencieux sur le morceau de verre coupé.