les détectives privés de dessert


Le jour, ma tête est une cage à oiseau dont la porte est laissée ouverte (où est l’oiseau ?). Je me sens aussi volubile, fait rare, qu’usagé. J’ai des coups de fil à passer. L’air des coups de fil au passé. Je parle facilement, dans le noir, à deux personnes qui cherchent leur chemin, se sont trompées ; tout à coup dans le noir, je sais des choses, je suis comme un voyant. Il est un peu trop question, sur la frange silencieuse, de numéros de téléphone qu’on n’échangera pas. Il y a une installation faite de vent, et sur les murs, des poèmes pornos en 5 mots.
La nuit et le thé. Noter un peu n’importe quoi, pour en voir l’ombre. Ou une peau tomber. Les post-it sont d’un jaune trop pâle, avec ces adresses, ces codes.. Et ta folie de courtisane qui ne vient pas, sa peau d’échappement. Tranchant et doux le saxophone ; bien que pacifique un assaut. J’attends un peu cette somnolence qui dégivre. Je pense aux détectives privés. Privés de desserts. Le soir j’ai laissé éteinte la petite lampe de chevet que j’allume d’habitude quand je travaille, derrière moi. Qu’est-ce que ça change, ça change. L’assombrissement au travail. À trois heures du matin, un type en veste épaisse et casquette à oreilles rembourrées joue au foot dans la rue avec un balle toute blanche. Tiens, on a oublié la neige, et son cortège de murmures entrefermés. Pour tuer le temps l’arme est d’inventer.