postales


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j’ai en face de moi une carte postale en relief, d’un œil qui cligne à l’infini — tant qu’on le regarde en balançant un peu la tête. tant qu’on regarde, tout cela tient.
comme une soucoupe tient ensemble toute la succession des tasses et tous les après-midi d’hiver —
l’ébrèchement, c’est ta lèvre qui tremble —
je reviens de quinze jours ailleurs et depuis hier je m’active à faire le vide, j’ai besoin que les heures me passent sur le corps. je me secoue de la poussière comme un corps se réveille dans un film d’épouvante, sortant d’un buisson ou d’un tas de feuilles mortes où il a dormi cent ans.
j’ai senti différentes épaisseurs d’une chevelure, dans une cage d’escalier entièrement plongée dans une gelée noire. mais, était-ce bien cela ? Ou l’indécence à fils perdus d’un tableau électrique ?
je voudrais manger de la peau d’oignon — car c’est un signe de génie —
comme je ne peux pas prendre le monde dans mes bras, ils restent ballants —
et les avocats, dans la panière à fruits de fer rouge, restent durs, prisonniers de leur entêtement d’écailles, jetables —

Cartes postales, vues érotiques :
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