quatre lignes


je voulais que quatre lignes, quatre lignes que je pourrais écrire là ce soir, me sauvent, me sauvent de la transparence absolue dans laquelle j’ai passé ma journée. j’ai promené une sorte de désespoir portatif et invisible dans les rues. rues, nues. j’avais ces phonèmes en tête. transitoire, l’humeur hésitante entre le bus et l’abribus, haletant. rentré, je n’ai plus qu’une envie lointaine et vague, dont j’imagine ou espère qu’elle me sauverait : revêtir la plus grande impudeur…
et je n’ai pas écrit ces quatre lignes.