phrases autonomes


je m’étais endormi en regardant les yeux
une sorte d’attente sans objet
une attente A
et chaque soir par les airs m’arrivait toujours le même message
«dormez bien» ;

j’hésitais quant à
l’expéditrice
que j’appelais aussi l’exécutante
message simple mais doublé d’un mystère
qui était-elle, et que voulait-elle ? dire ?

«les reines adorent l’onde»,
une phrase dans un journal que j’avais retenue
qui se surexposait à tout le reste
je n’en avais plus le contexte, mais l’usage hasardeux
quand je ne savais quoi dire ;

il y avait des sens à manger de toutes parts
et je n’arrêtais pas de sortir les griffes ;
à chaque passage piéton je me disais:
«je n’ai jamais vu de cerf»
mais trop de choses, derrière leurs vitrines, arrivent ou pas,
gélules à espoirs faibles dans des blisters ;

ces phrases parlaient d’elles-mêmes, sans contrôle, elles se disaient toutes seules
sans dates de phrases d’achats
sans l’aide d’aucune bouche ni mode d’émoi

blush sans maîtrise
par l’air m’arrivait l’air d’un cerf qui respire
et des automatismes de sangs froids