demi-nuit tes yeux mi-clos


on s’ennuyait un peu devant le cinéma demi-nuit
pourtant c’était bien filmé mais usé aussi
et pourtant il y avait Agnès Moorehead
et ils avaient filmé le saut d’un cheval vu d’en dessous
mais bon je me sentais distrait
manquait le coup de brillance du pinceau ou des peaux, la ruade
la prime s’élevait à trente-mille dollars — the trap
j’aimerais bien aussi caresser la fesse du cheval
avec de ces beaux gants jaunes
mais je suis pas au bon format des souvenirs
la blonde pleure dans les escaliers
plus tard elle jettera après des années des oeillades mélancoliques à travers la fenêtre
c’est dans les gris c’est pas terrible
tiens j’arrête de suivre l’histoire je regarde je sais pas encore
tiens je regarde moi aussi par les fenêtres
les répartitions d’énergie l’alternance des journées le sable l’abandon des hasards
les symboles qui flottent à la surface
les initiales gravées à la main dans le dos des montres
vitesse et cran suffisent
tout un système de flash-backs qui ramène à l’enfance
dans combien de westerns m’étais-je égaré ?
jolis yeux qui brillent de la fièvre
combien de fois vous étiez-vous baissés
ce sont les contingences
cowboy de quoi
cowboy de rien