poème d’ennui /1

-encore seul chez moi à tenter de joindre deux trois idées tentatives mais personne ne répond
-tu avais dit que tu serais là à minuit de la minute précise
-ou bien plus jamais et tout refroidissait
-à la minute précise où tu jetterais ton manteau à tes pieds l’arme la pincée de sel
-la règle du jeu dans tous les gestes à prise rapide
-définitions imprécises enlever le papier d’emballage mettre la prise électrique charbon ardent
-je pense à l’été cette chaleur qui passait partout acides litres de citronnade
-la patience avec laquelle tu me parlais une langue que je ne connaissais pas
-je me laissais guider par seul l’accent, la langue de l’oeil et quelques pâles étincelles
-les choses belles dont je me foutais en rayon-gps autour de moi
-au fond du décor où j’évoluais chaque protagoniste avait sa vie propre rejointe à la nuit
-sur la banquette noire du bar ouvert la chaise longue la nuit courte le lit de cyprès
-je masquais les marques de ma présence
-comme le clandestin heureux qui existe peu mais bien
-ma seule présence c’était combien j’avais tenu telle main
-les expressions m’avaient quitté l’une après l’autre
-j’avais un lexique nouveau d’un seule poignée de mots prénoms
-pas trop d’histoires suivies mais marcher le long d’un ruban de boulevard les contenait toutes
-comme un blues déshabillé de faits
-une rame gravée d’une phrase dont l’eau efface le sens pour peu que la barque avance
-je voyageais sur les mensonges
-je te trouvais toutes les excuses, par terre ou sous des statues
-c’étaient de simples papillons de papier d’emballages à ramasser brillants
-brûlant à minuit au briquet la minute précieuse
-chemin défait dans l’eau froide
-dans la ville j’imagine quelqu’un lire derrière mon épaule
-le film que je ne vais pas voir préférant les passants
-et répéter les phrases du journal de la veille pour une pièce de théâtre à trois sous
-piano à cru
-avec la marque des dents destin au cou
-que font les gens quand ils ne sont pas là nageurs voleurs aéronautes
-ils regardent une lumière un peu moins vive à travers telle main
-je sais que tout ce que je dis est entre juste et faux
-et synchronisé à l’ancienne mode en morsure de vampire
-comme une faille au plafond pour romancier du présent et romans à ficelles
-cette absurde migraine de tout vouloir justifier
-je ne corrige pas je n’abrège pas
-j’avais besoin de toi comme de google
-j’adressais des marques de silence aux rues de la ville
-réunion de cous et de dos nus il y avait le temps de se perdre et de se trouver
-halo de fêtes et d’ennui dans les bosquets
2013-14035